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Les abandons ne sont pas aux abonnés absents

09/08/2023

Les abandons ne sont pas aux abonnés absents

 

Bien que l'année 2023 ne soit pas terminée, Jacques-Charles Fombonne, président de la SPA (Société Protectrice des Animaux) indiquait en avril dernier au micro de RTL un nombre croissant d'abandons dans les différents refuges de l'association par rapport à l'année dernière à la même période. Chaque année, un nouveau record est tristement battu. Paradoxalement, la question de la condition animale dans notre société n'a jamais été aussi présente. En effet, d'après un sondage IFOP pour le site internet Woopets en 2021, 96% des Français sondés sont pour l'interdiction de la détention d'un animal en cas de condamnation pour maltraitance.

 

Des abandons qui ne ralentissent pas sur fond de crises sanitaires et économiques

 

De nombreux médias indiquent que la France est le pays d'Europe où il y a le plus d'abandons d'animaux. Il n'est pas possible de vérifier cette affirmation puisqu'il n'existe pas de statistiques officielles tenues par un organisme centralisant les données des différentes associations et structures concernées. Néanmoins, les estimations ne sont pas glorieuses. Environ 100 000 animaux domestiques seraient abandonnés chaque année dans notre pays, avec une accélération au cours de la période estivale. Les adoptions, quant à elles, ne vont pas dans le bon sens puisque, par exemple, la SPA note une baisse du nombre d'adoptions dans leurs refuges, saturés de plus en plus tôt chaque l'année.

 

Les raisons des abandons sont multiples : déménagement, départ en vacances, arrivée d'un enfant dans le foyer, surprise d'une portée (chez les chats notamment), etc. La pandémie et l'inflation sont également passées par là. En effet, les refuges ont constaté un « effet covid-19 ». Pendant la crise sanitaire, de nombreuses personnes ont adopté un animal de compagnie pour profiter des sorties autorisées pendant le confinement. Une fois le retour à la vie normale et du travail en présentiel, les refuges ont vu le nombre d'abandons considérablement augmenter. Encore plus récemment, du fait de l'inflation galopante, des personnes ont fait le choix de se séparer de leur animal de compagnie pour des raisons financières. 

 

Les actes ne suivent pas la législation mise en place

 

Abandonner son animal de compagnie est reconnu par le code pénal comme étant un acte de maltraitance et de cruauté. Suite à la loi du 30 novembre 2021 relative à la lutte contre la maltraitance animale, l'article 521-1 est modifié et indique que cet acte est puni par 3 ans d'emprisonnement et de 45 000 euros d'amende, au lieu de 2 ans d'emprisonnement et 30 000 euros d'amende précédemment. Toutefois, entre la théorie et la pratique, il y a bien plus qu'un pas, car peu de procédures judiciaires conduisent à une condamnation et donc dissuadent peu les personnes de passer à l'acte. Aussi, cette loi a mis en place le certificat d'engagement et de connaissances des besoins spécifiques de l'espèce imposant un délai de réflexion de 7 jours. Ce document, obligatoire lors de l'adoption d'un animal, a vocation à éviter l'acquisition compulsive et ainsi l’abandon. La loi n'est pas toujours respectée. Ainsi, par exemple, l'association Once voice a constaté en février dernier au salon du chiot de Saint-Herblain que la loi n'était pas respectée puisque ledit document était signé sur place au moment de l'achat sans appliquer les 7 jours de délai légal. 

 

Très récemment, le 4 juillet dernier, le député Les Républicains de la 2ème circonscription d'Indre, Nicolas Forissier, a proposé une loi visant à faciliter la garde des animaux dans l'objectif de lutter contre les abandons pendant les périodes de vacances. Faire appel à un système de garde pour son animal étant un coût pour certains foyers, le représentant politique propose ainsi d'instaurer un crédit d'impôt. Celui-ci correspond à la moitié des dépenses de garde avec un montant plafond de 600 euros. Cette mesure fiscale vise à encourager la garde temporaire des animaux de compagnie si besoin est, et d'alléger les dépenses liées à celle-ci pour le foyer. La proposition de loi est renvoyée à la commission des affaires économique. Affaire à suivre.

 

L'adoption est un engagement sur le long terme et doit être mûrement réfléchi. Un animal n'est pas un bien de consommation que l'on jette quand bon nous semble. L'abandonner est un acte très traumatisant, pouvant avoir des séquelles sur la suite de sa vie (traumatismes, anxiété chronique, etc). Ces personnes aimeraient-elles qu'on les traite de la même manière ? 

 

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Par Caroline.C

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