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Le pigeon domestique, un animal ancré dans nos vies

24/09/2023

Le pigeon domestique, un animal ancré dans nos vies

 

Si vous avez le malheur de dire à votre entourage que vous aimez les pigeons, vous avez de grandes « chances » d'être considéré comme un illuminé. En effet, cet animal a une réputation assez négative : il est soi-disant sale, porteur de maladies, stupide, etc. Patrick Deville a même écrit dans son ouvrage « Peste & Choléra » que « le pigeon est un peu le rat du ciel auquel on aurait greffé des ailes avant de le peindre en gris ». Peu de chance que cela soit un compliment.

 

Animal bien souvent mal aimé, le pigeon fait pourtant partie de nos vies depuis des milliers d'années. Mais qui est-il au juste ?

 

Retour à la vie sauvage

 

En France, il existe trois espèces de pigeons : le ramier (principalement présent dans les campagnes, imposant par sa taille et reconnaissable à son collier blanc sur l'arrière de sa nuque), le colombin (de petite taille avec un regard sombre) et le biset. Ce dernier, très présent dans les zones urbaines, peut avoir une grande variété de couleurs de plumages : gris, blanc ou roux. Actuellement, à l'exception de la Corse, il n'en existe plus à l'état sauvage dans notre pays. Le Pigeon biset que nous rencontrons en métropole, aussi appelé Pigeon biset féral, vient d'oiseaux anciennement domestiqués qui sont retournés à la vie sauvage.  

 

Le saviez-vous ? Symbolisant la paix et très présent dans les différentes religions , la colombe n'est pas une espèce à part entière, puisqu'il s'agit soit d'un Pigeon biset blanc, soit d'une Tourterelle blanche. Il s'agit d'individus leucistiques ou albinos.

 

Un oiseau aux rôles multiples

 

La domestication du Pigeon biset a commencé il y a 5 000 ans dès l'Antiquité en Égypte antique. A cette époque, il était initialement élevé pour sa chair et ses œufs. Au fil des siècles, la construction de grands pigeonniers s'est développée dans le monde entier, notamment près des zones agricoles où leurs fientes étaient utilisées pour servir d'engrais car riches en azote et en acide phosphorique. De nos jours, en France, il est très rare de consommer de la viande ou des œufs de cet oiseau. Aussi, du côté des champs, l'utilisation des pigeonniers est désormais très rare et délaissée au profit des produits phytosanitaires.

 

Le Pigeon biset a eu aussi le rôle de messager grâce à sa « boussole interne » : le fameux pigeon voyageur, et ce, là aussi dès l'Antiquité. A titre d'exemple, en Grèce antique, les résultats des Jeux Olympiques étaient communiqués à l'aide de pigeons voyageurs. Ces oiseaux ont également joué un rôle sur la scène militaire. Au cours de la Première Guerre mondiale, plusieurs dizaines de milliers de pigeons ont été mobilisés par l'armée française, notamment pour faire face aux ruptures de communication téléphonique. Un pigeon nommé « Vaillant » a même été décoré suite à son rôle pendant la bataille de Verdun. Bien que l'armée française possède toujours un pigeonnier au Mont Valérien au sein du Musée de la colombophilie militaire à Suresnes (Île-de-France), les pigeons sont désormais très peu utilisés dans l'armée. Aujourd'hui, la plupart des élevages de Pigeons bisets sont gérés par les colombophiles, grands amoureux de courses de pigeons voyageurs.

 

Une réputation injustifiée

 

Être qualifié de « pigeon » par un autre humain n'est pas un compliment, alors qu'il s'agit d'un oiseau d'une grande intelligence. Une étude allemande de 2017 indique que les pigeons ont une densité neuronale six fois plus importante que les humains et peuvent ainsi passer d'une tâche à une autre plus rapidement que nous. 

 

Bien que cet oiseau soit une espèce résiliente, notre mode de vie impacte négativement l'état de santé de ces pigeons. Si vous vivez en ville, vous avez forcément rencontré des spécimens dont les doigts sont boursouflés, voire amputés. Les pigeons se prennent les doigts dans des cheveux ou des fils lorsqu'ils marchent dans la rue ou lorsqu'ils fouillent les poubelles pour se nourrir. Aussi, initialement granivores, ils sont devenus omnivores au fil du temps. En effet, il est assez difficile de trouver des graines dans un paysage envahi par la bétonisation massive. Aussi, le surnombre de pigeons dans certains endroits, provoqué par le nourrissage de ces oiseaux par les humains, peut engendrer la propagation de maladies et de parasites au sein de leur population. Si vous rencontrez un pigeon mal-en-point, n'hésitez pas à contacter le centre de soins pour faune sauvage le plus proche de chez vous.

 

Envie d'aller plus loin ?

 

L'ouvrage de Marie-Hélène Goix et Didier Lapostre – Des pigeons dans la ville, secrets d'une relation millénaire entre deux bipèdes

Le musée de la colombophilie militaire, Suresnes (92)

Le podcast de Brèves de nature sauvage « Le pigeon biset »

 

Par Caroline.C

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