© La Voix Des Animaux 2017-2024

 

La Voix Des Animaux

 

Loup, y es-tu ?

29/03/2024

Loup, y es-tu ?

 

À l'heure où la Commission européenne envisage de modifier le statut du loup en baissant son niveau de protection, plusieurs ONG françaises tentent d'alerter les décideurs politiques de notre pays sur la vulnérabilité de ce canidé. Ce changement de statut pourrait être une porte ouverte pour appliquer le même dispositif aux autres grands prédateurs européens que sont le lynx et l'ours. 

 

Effrayant, sanguinaire, mangeur d'enfants et de bétails, le loup ne jouit pas d'une très bonne réputation. Pour autant, est-elle justifiée ? Notre rapport au loup a-t-il évolué dans le temps ?

 

Une mauvaise image qui lui colle à la peau

 

Dans notre culture occidentale, le loup est rarement représenté de manière élogieuse, notamment dans la littérature. Dès notre plus tendre enfance, nous sommes bercés par certaines histoires : « Les trois petits cochons », « Le petit chaperon rouge » ou encore « Pierre et le loup ». N'avez-vous jamais chanté « Promenons-nous dans les bois » lorsque vous étiez enfant ? Dans ces exemples, le canidé y apparaît en prédateur redoutable, près à tout pour dévorer sa proie.

 

Mais que dit l'Histoire ? Le loup y est présent dès la Préhistoire. Les spécimens les moins agressifs envers l'humain ont été progressivement domestiqués. Protégeant le campement des hommes préhistoriques et les aidant lors de la chasse, le loup avait une place importante dans la vie des Hommes. Dès l'Antiquité, plusieurs légendes apparaissent, notamment celle du loup-garou. Des écrits racontent que certains humains se transforment en loup-garou les soirs de pleine lune. Mi-homme mi-loup, cette créature s'attaque aux humains, et plus particulièrement aux enfants. Légende cette fois-ci flatteuse pour le canidé, la création de Rome aurait débuté grâce à l'allaitement des jumeaux Romulus et de Rémus par une louve. 

 

Néanmoins, notre relation vis-à-vis de cet animal change radicalement au Moyen-Age. À cette époque, de nombreuses victimes humaines sont répertoriées. Il s'agissait, bien souvent, d'enfants, seuls et dans un état de santé très fragile, gardant les troupeaux d'animaux non loin de lieux où résidaient des meutes de loups. Cette période de l'Histoire est notamment marquée par l'affaire de la bête de Gévaudan. La place grandissante du christianisme en a rajouté une couche. Le loup devient l'incarnation du diable. Une attaque de loup était considérée comme une offense envers la hiérarchie établie par Dieu : l'homme est au-dessus de tous les autres animaux. Le Moyen-Age est ainsi marqué par une volonté d'exterminer le loup.  

 

Une cohabitation conflictuelle dans certains territoires

 

Qu'en est-il aujourd'hui ? Plusieurs siècles plus tard, la cohabitation est toujours compliquée. Les attaques envers les humains sont devenues très rares, mais celles sur les élevages perdurent, notamment dans le sud-ouest de la France. Cela engendre des tensions entre les personnes exerçant une activité pastorale et les associations de protection de la biodiversité. Des mesures, non létales et non violentes, existent pour limiter les attaques et sont, malheureusement, trop peu mises en place : clôtures électrifiées, protection canine, etc.

 

Bien que considérée comme une espèce strictement protégée par la convention de Berne de 1990, le loup est classé dans la liste rouge de l'IUCN comme étant « vulnérable » sur notre territoire métropolitain. Considéré comme ayant totalement disparue en 1937, il montre de nouveau le bout de sa truffe en 1992 dans les Alpes. Sa population reste fragile puisque les autorités dénombrent en 2023 1 104 individus. Pour l'association FERUS, il faudrait une population d'au moins 2 500 à 5 000 loups, dont au moins 500 adultes reproducteurs, pour que sa population soit viable sur notre territoire. Ce n'est malheureusement pas ce que prévoit le Plan loup 2024-2029.  

 

Pour certaines personnes, les loups sont encore beaucoup trop nombreux. Pourtant, qui sommes-nous, du haut de nos 8 milliards d'humains, pour dire qu'une espèce prend trop de place ? Face à l'urbanisation massive et l'écroulement de la biodiversité qui en découle, la place pour la faune sauvage se réduit comme une peau de chagrin. Il est nécessaire que l'Homme cohabite avec le loup, ainsi qu'avec les autres grands prédateurs. Nous ne pouvons pas nous placer éternellement au-dessus de tout.  

 

Envie d'aller plus loin ?

 

La pétition à signer sur le site de la LPO

Le documentaire de Jean-Michel Bertrand - « Vivre avec les loups »

 

Par Caroline.C

La Voix Des Animaux